Accompagner l’auto-délivrance

Je voudrais, en cette soirée autour des soins palliatifs , réfléchir avec vous sur la question du suicide assisté – dans la suite je parlerai plutôt d’un accompagnement médical à l’auto-délivrance.
Je voudrais formuler les raisons qui, à mes yeux, recommandent que cet accompagnement soit autorisé par la loi.
Les raisons aussi de penser qu’un tel accompagnement ne contredit pas l’esprit de la pratique palliative, n’en est pas l’échec, l’abandon ou la rupture mais en est seulement une modalité.

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La question de l’euthanasie et du suicide assisté

Le terme d’euthanasie vient de Francis Bacon (philosophe anglais qui a vécu entre 1561 et 1626) : « l’office du médecin, écrit-il, n’est pas seulement de rétablir la santé, mais aussi d’adoucir les douleurs, et non seulement en tant que cet adoucissement de la douleur contribue et conduit à la convalescence, mais encore afin de procurer au malade, lorsqu’il n’y a plus d’espérance, une mort douce et paisible ; car ce n’est pas la moindre partie du bonheur que cette euthanasie ».
On peut définir aujourd’hui l’euthanasie comme l’acte consistant à administrer à une personne affectée d’une maladie évolutive ou d’un handicap incurables des substances toxiques à dose mortelle, pour abréger la durée de ses souffrances.
Une telle définition exclut donc du domaine de l’euthanasie l’arrêt du traitement étiologique (ce qu’on appelle parfois « euthanasie passive ») ainsi que l’administration d’antalgiques, même s’ils risquent d’abréger la vie du patient, car la finalité est alors la sédation de la douleur, non l’interruption de la vie.

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Le psychothérapeute devant la souffrance et la tentation du nihilisme

Qu’est-ce qui est commun à la douleur et à la souffrance ? Qu’est-ce qui les distingue ?
On reconnaît habituellement qu’un corps inerte, non vivant, n’est pas un véritable individu, au sens où il peut être divisé sans altération de sa nature : il n’a rien qui lui soit intérieur. Par contraste, le propre du vivant, c’est de délimiter un milieu intérieur, de se donner sa propre loi de fonctionnement, de se conserver en conservant une identité de structure à travers le renouvellement de ses parties composantes. Un organisme se rend libre par rapport à sa propre substance (puisqu’il la renouvelle constamment), mais cette liberté le rend en même temps dépendant de l’échange métabolique : le vivant est contraint à l’échange métabolique, et sa vie est un risque permanent, une tension sans trêve entre vie et mort, être et non-être. Le repli du vivant sur lui-même – et la menace que constitue dès lors le monde ambiant – sont la condition universelle de la douleur ; l’échange métabolique qui est le contrepoint de ce repli, est la condition universelle du plaisir. Les affects bipolaires de douleur et de plaisir sont donc inséparables de la vie.

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La personne âgée: acteur ou exclue?

La personne âgée : acteur ou exclue ? Notre époque éprouve une inquiétude au sujet de la vieillesse. Inquiétude de l’économiste qui s’interroge sur le poids croissant de la population âgée dans la répartition des dépenses sociales, inquiétude des familles qui savent qu’inéluctablement l’autonomie d’un parent âgé deviendra peu à peu dépendance, inquiétude et souffrance de la personne âgée qui peut avoir le sentiment d’une perte d’être ou de valeur et qui se demande ce que vaut aujourd’hui sa vie, inquiétude de chacun, confronté à la finitude et à tout ce qui s’annonce en elle.

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